“Les retraités et les classes moyennes sont encore les perdants”

La salle Bortolaso à Toulon accueillait le 9 mars 2018 la première réunion publique de l’année de Geneviève Levy.

L’occasion de faire le point sur les 9 premiers mois de la législature et sur la situation du mouvement Les républicains. Geneviève Levy s’est exprimée durant 45 minutes devant une salle pleine, attentive aux arguments que le député de la première circonscription, à présent membre du bureau politique des Républicains, a méthodiquement exposés pour détricoter la politique du gouvernement Macron. En résumé : à part les ordonnances “travail”, toutes les annonces restent au stade de la communication, sauf la hausse de la CSG et des taxes sur les carburants qui va à nouveau et une fois de plus impacter le pouvoir d’achat des retraités et des classes moyennes.


Voir photos en page “média”.


Voici les principaux extraits de l’intervention de Geneviève Levy :

 

“Si je voulais bien faire, il faudrait que je vous rencontre chaque semaine pour que je vous fasse un point sur l’actualité parlementaire, mais l’abondance ne signifie pas forcément la qualité.

Sans doute le Président de la République a-t-il bien retenu la leçon : les réformes doivent se faire en début de mandat. Jusque-là nous serions d’accord, encore faut-il que ces réformes soient cohérentes et apportent les réponses aux attentes des français. De plus les dépenses sont considérables, et les économies ne sont vraiment pas à l’ordre du jour. Et surtout il ne faudrait pas qu’on ne se limite pas aux annonces répétées à grand renfort de campagnes médiatiques.

Car finalement en dehors des ordonnances sur le travail, qu’avons-nous eu en 9 mois en réformes de fond ? Engager des réformes de fond nécessaires après 5 années de la gauche au pouvoir, c’était dans notre projet.

[…]

Je voudrais revenir sur quelques mesures prises par le gouvernement dont l’opinion publique n’a pas encore évalué suffisamment les conséquences, quoique …

Ces mesures mettent en évidence des marqueurs qui me semblent particulièrement significatifs de la politique engagée par le gouvernement.

L’abandon des classes moyennes et des retraités et l’abandon programmé des territoires. Les deux étant parfois liés, et surtout la baisse du pouvoir d’achat.

La hausse de la CSG est déjà en vigueur, à l’inverse de la plupart des mesures soi-disant favorables aux salariés des classes moyennes et aux retraités avec un impact direct sur le pouvoir d’achat.

Le gouvernement a un petit souci de calendrier entre sa communication dans les médias et l’entrée en vigueur de ses mesures sur le pouvoir d’achat. 

Alors que les ministres se démènent sur les plateaux pour démontrer les bienfaits des promesses Macron sur leur budget, les Français ont bien du mal à en percevoir les effets. 

Et pour cause, pour la plupart d’entre elles, elles ne sont pas, ou que très partiellement, appliquées.

L’un des principaux dispositifs, la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des contribuables, ne sera perceptible qu’à l’automne, au moment de son recouvrement. 

Emmanuel Macron avait promis qu’il ne demanderait un effort qu’aux retraités “les plus aisés”.

Un couple avec chacun une pension de 1000 € font ils partie des plus aisés ? Qui peut croire que les retraités sont des privilégiés qu’il faudrait toujours plus taxer ?

La suppression de la TH inquiète tout particulièrement les maires car ils sont quelque peu échaudés par les promesses de compensation de l’Etat : sans doute la 1ère année, mais qu’en sera-t-il les années suivantes ? Or, c’est la principale ressource des communes pour financer notamment leurs investissements.

Comme les retraités, les bénéficiaires d’une pension d’invalidité subissent de plein fouet une hausse non compensée de la CSG : +25 % de CSG pour toutes les pensions d’invalidité supérieures à 1300€ nets par mois pour une personne seule.

[…]

Pour une grande majorité des salariés du privé, le gain sur la feuille de paie ne sera, jusqu’à l’automne, que d’une dizaine d’euros par mois. Il en est de même pour la prime d’activité, qui va croître de 50 % dans les prochaines années. Mais de façon progressive, et à partir d’octobre, à hauteur de 20 euros par mois pour un SMIC mensuel.

Bref, les « gagnants » des mesures Macron, les salariés du privé, n’en perçoivent pas encore concrètement les effets. En revanche, les principaux perdants sont les retraités qui subissent depuis janvier une hausse sèche de CSG. 

Quant aux fonctionnaires, s’ils ne perdent rien, ils ne gagnent rien non plus. Leur augmentation de CSG est tout juste compensée. Mais comme le gouvernement invite tout le monde à regarder sa feuille de paie, ils y découvrent quelques euros en moins, qui correspondent à la hausse de leur cotisation retraite, qui s’aligne progressivement sur celle du privé. 

Personne n’a vraiment de raisons de se satisfaire, pour l’instant, des mesures Macron. D’autant que la montée en puissance de la fiscalité écologique et des prix du tabac, des carburants…, va partiellement grignoter ces baisses d’impôts. 

Les hausses d’impôts, c’est pour maintenant, les baisses sont promises pour plus tard. 

Faute de lutter contre le gaspillage de l’argent public, le gouvernement va chercher de l’argent dans les poches des classes moyenne et des retraités. 

Sans parler des mesures touchant à la politique familiale : 

Emmanuel Macron n’est pas revenu sur le détricotage de la politique familiale engagée par François Hollande sur la baisse du quotient familial et la fin de l’universalité. Il l’a poursuivie.

A partir du 1er avril 2018 : baisse significative (8,5 %) de la prestation d’accueil du jeune enfant, et en outre la loi prévoit de diminuer les plafonds de ressources applicables : moins de familles toucheront l’allocation. 

[…]

La politique fiscale mise en place par le gouvernement est injuste : 42 % des cadeaux fiscaux concernent 5% des français. Les Républicains soutiennent les baisses d’impôts, mais à condition qu’elles soient justes, que tout le monde puisse en bénéficier. Or, ce sont toujours les classes moyennes qui échappent à ces baissent d’impôts.

Alors qu’ils avaient souffert sous François Hollande, pas de geste sur l’impôt sur le revenu des familles et des classes moyennes ; pas de défiscalisation des heures supplémentaires contrairement à ce qu’avait promis Emmanuel Macron. 

[…]

Sans parler de la politique du logement dont les familles modestes sont les victimes collatérales : 

La baisse des APL va contraindre les offices à revoir leurs investissements dans leur parc immobilier tant au niveau de la construction que de la réhabilitation. 

Faute de lutter contre le gaspillage de l’argent public, le gouvernement va chercher de l’argent dans les poches des classes moyennes et des retraités. 

Emmanuel Macron s’était engagé à diminuer de 120000 le nombre de fonctionnaires sur le mandat. Or, il y aura seulement 1600 fonctionnaires d’Etat en moins en 2018. A ce rythme, l’objectif ne sera pas atteint en 5 ans mais en 75 ans ! 

Dans son programme, le candidat Macron promettait 60 milliards d’euros d’économies et 20 milliards de baisse d’impôt sur les ménages. Résultat : son 1er budget augmente les dépenses de l’Etat (7,3 milliards d’euros) et augmente les impôts sur les ménages (+ 4,5 milliards) selon les données de l’INSEE.

Nous continuons de proposer : 

1/ une vraie lutte contre le gaspillage de l’argent public ; pour cela nous proposons la baisse du nombre de fonctionnaires compensée par une hausse de leur temps de travail (le retour aux 39 h permettrait d’économiser + de 10 milliards d’euros par an.

2/ la fusion des 47 aides sous conditions de ressources existantes en une allocation une allocation sociale unique (économie rien qu’en frais de gestion : 5 milliards par an)

3/ la suppression de l’aide médicale d’Etat (la gratuité des dépenses de santé des immigrés clandestins est évaluée à environ 1 milliard d’euros par an).

4/ une règle d’or : zéro hausse d’impôts

5/ pour revaloriser le travail : la défiscalisation des heures supplémentaires.

[…]

Mesdames et Messieurs, je ne sais pas vous, mais moi j’ai un peu le tournis. 

Voici un bref aperçu des réformes ou textes qui sont en cours ou annoncés pour le printemps (en fait une annonce chasse l’autre) : réforme judiciaire, asile- immigration, éducation, santé, réforme de la fonction publique, réforme constitutionnelle, apprentissage, agriculture, transports, SNCF, bioéthique, égalité homme/femme, service national universel, enseignement supérieur…

Je crains que la côte de popularité du Président de la République et de son 1er ministre soient inversement proportionnelles au nombre de réformes annoncées…

[…]

Je voudrais juste revenir très rapidement sur la réforme constitutionnelle et sur 2 mesures en discussion.

Donc on concerte notamment sur le cumul des mandats et sur la proportionnelle, des sujets qui a priori ne constituent pas la préoccupation prioritaire des français, d’autant que les mesures importantes ne s’appliqueront qu’en 2022.

Sur la proportionnelle, nous aux Républicains, nous ne sommes pas des défenseurs des avantages acquis, mais ce qui compte c’est la stabilité des institutions (on voit les limites du système en Allemagne en Italie et en Belgique) et que tous les français puissent être représentés.

Sur le cumul des mandats, il nous semble que la démocratie est capable de s’exprimer. S’ils ont envie de changer ceux qui les représentent, point n’est besoin de changer la constitution… 

Mais nous ne sommes pas opposés à la diminution du nombre de parlementaires.

[…]

Mes chers Amis, je ne voudrais pas finir en vous disant quelques mots sur notre parti.

Je sais que certains d’entre vous ont manifesté quelques interrogations depuis que Laurent Wauquiez en a pris les rênes même s’ils continuent à m’accorder leur confiance, ce dont je les remercie.

Qu’ils sachent que je les entends et que je saurai, avec d’autres, comme Jean Léonetti ou Bernard Accoyer notamment, porter leur voix au sein du bureau politique où j’ai été élue.

Nous avons le devoir dans l’opposition de dénoncer nos désaccords avec la majorité en place – et plus le temps passe, plus ils sont nombreux – de travailler à nous reconstruire et dans cette situation, les débuts sont particulièrement difficiles et peuvent être chaotiques. 

Certains nous ont quittés à mon avis un peu précipitamment, mais je respecte bien sûr, leur décision. Et peut être certains reviendront. Je pense qu’il nous appartient de faire nos preuves, d’écouter les sensibilités qui s’expriment, de proposer des réponses aux attentes de nos concitoyens, qui ne s’y retrouvent plus et sont trop souvent bercés par la voix des médias qui finalement les découragent d’accorder leur confiance aux élus que nous sommes, aux partis politiques que nous représentons.

Nous n’avons pas le droit de manquer cette opportunité de trouver dans notre parti ce qui doit nous réunir plutôt que ce qui serait susceptible de nous diviser.

Mes chers amis, soyez assurés que pour ma part, porteuse de la confiance que vous m’avez accordée, je ne veux pas vous décevoir. 

Je veux que nous puissions ensemble surmonter nos doutes, quand il y en a, partager nos projets pour les faire émerger, montrer que nous avons des atouts et de compétences pour montrer notre capacité à renaître avec les échecs.

Je suis persuadée que nous y parviendrons ensemble.

Je vous remercie pour votre confiance”