Le programme

Avant l’élection à la présidence des Républicains, et en vue de son prochain congrès, les Républicains ont engagé une vaste réflexion pour comprendre les dernières défaites électorales. Il fallait analyser, au-delà des faits exceptionnels qui ont joué sur les résultats des élections, les faiblesses structurelles d’un parti qui a peu évolué au cours du temps, alors même que la société française a connu de profonds bouleversements.

Cette réflexion a été conduite par un groupe de travail composé de jeunes, engagés dans le débat d’idées, qui ont eu recours à l’éclairage d’un panel très large d’experts : politologues, historiens, philosophes, sociologues… Dans le même temps les élus et les cadres du parti ont apporté leur expertise, les militants ont également été consultés. Ces travaux constituent un socle pour nourrir le débat du renouvellement de nos instances dirigeantes et notre programme.

Les Républicains vivent un moment décisif de son histoire. Ce travail d’analyse est nécessaire, il en va de notre crédibilité et de notre avenir. Il a permis de dégager plusieurs pistes de travail.

Les militants ont tout d’abord exhorté la direction des Républicains de ne plus commettre les erreurs du passé. Ils demandent à leurs dirigeants de retrouver un esprit de compagnonnage, dans l’esprit du Gaullisme, et d’être fidèle à l’histoire de la droite et du centre. Les campagnes de 2014 et 2015 ont manifesté l’importance d’un ancrage local qui est aujourd’hui la principale force des Républicains. Le parti ne pourra pas fonctionner uniquement sur une vision technique et pragmatique. Il est nécessaire de retrouver une vision politique et une nouvelle vision de la société. Quoiqu’en pense certains, le clivage droite/gauche existe toujours. Cette différence de perception des valeurs de la société, et des réponses politiques à y apporter, permet aux militants et aux dirigeants de s’engager sur une ligne claire. Ce clivage, propre à la société française, et à son histoire politique, se reconstituera lors de prochaines échéances électorales. Mais ce clivage ne pourra pas se faire avec une droite qui ne sera pas repensée ni modernisée. Tout en en conservant ses valeurs, le passé doit être adapté à la société actuelle. Nous quittons chaque jour un monde que nous ne retrouverons plus. L’adaptation de notre structure de fonctionnement, de notre gouvernance et de notre programmatique est essentielle. La droite est composée de sensibilités différentes, mais toutes sont tournées vers des valeurs communes. Il ne faut pas renier ces sensibilités qui composent notre famille politique. Agir autrement nous condamnerait à nouveau à la défaite. Il existe une droite plutôt urbaine et libérale. Libérale sur le plan économique elle l’est souvent sur un plan sociétal. A côté de cette sensibilité, il demeure une droite plus populaire, revendiquant son héritage gaulliste, qui souhaite comme disait le Président Pompidou, « qu’on arrête d’emmerder les français ». Ces courants ont une perception différente sur le rôle de l’Europe, mais ils sont tous deux attachés à ce que la voix de la France porte bien plus que ce qu’elle ne le fait aujourd’hui. Ce sont donc plus les moyens de ce leadership que l’appartenance à l’Europe qui différencient les diverses sensibilités. Il se dégage néanmoins une ligne commune quant à la nécessité d’une droite réformiste, qui parvient à conjuguer la liberté de l’individu, la nécessité d’un projet de société à travers un axe libéral-gaulliste, avec une sensibilité humaine et humaniste où l’esprit de solidarité doit aussi être pris en compte

La droite doit apporter des propositions face aux mutations économiques et technologiques, sans éluder les questions des flux migratoires. Ces réflexions ne pourront être menée sans l’élection d’un président qui aura un véritable rôle de leader. Il devra rassembler autour de lui et réformer le fonctionnement du parti afin de mieux répondre aux formes d’engagement des militants. Ils réclament la mise en place d’une plateforme digitale qui permettrait de recueillir les demandes et les expériences afin de réaliser de la prospective. Les militants et les élus locaux pourraient ainsi mieux faire connaitre leur travail. Elle permettrait également de détecter des talents nouveaux et de les accompagner dans leur parcours militant, notamment lorsque ces derniers partagent vie militante et vie politique. Les militants ont tous émis le besoin que la droite revienne aux fondamentaux de son existence, éviter de fonctionner « en bocal ». L’engagement pour une idée devra se transformer en un engagement pour un projet, sur un temps plus court, plus pragmatique, avec des retours d’expériences rapides. Le prochain président des Républicains s’engagera sur ces valeurs.