Les dérives d’un pouvoir

L’actualité montre de manière évidente que la démocratie a besoin d’un pouvoir parlementaire en capacité d’exercer ses fonctions, et d’une opposition vigilante.

La majorité voudrait faire passer le message que nous faisons de l’obstruction en prenant un simple fait divers pour en faire  une affaire d’Etat.

Il ne saurait s’agir de cela.

Au delà de l’indignation justifiée soulevée par l’intervention du “conseiller” de Président de la République frappant un manifestant le 1er mai, trop de questions demeuraient sans réponse :

Que faisait Alexandre Benalla à la manifestation du 1er mai, porteur des mêmes équipements que les vrais policiers chargés du maintien de l’ordre? Pourquoi alors que le port d’armes lui avait été refusé, en a t il finalement bénéficié?

Pourquoi le Président de la République qui a autour de lui une sécurité exercée par des hommes expérimentés,  avait il choisi de confier une mission de sécurité rapprochée  à un homme sans qualification?

Pourquoi les faits graves connus de la présidence depuis le 2 mai n’ont ils pas été transmis immédiatement au procureur de la République au titre de l’art 40 du code de procédure pénale ( Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République)?

Pourquoi le même “conseiller” après une sanction légère ( mise à pieds de 15 jours) a t il continué a exercer ses missions auprès du Président de la République, étant même gratifié de privilèges tels qu’un logement de fonction quai Branly, d’une voiture avec chauffeur et gyrophare, d’une accréditation à l’Assemblée Nationale?

Pourquoi pendant plusieurs jours, le premier ministre et/ou le ministre des relations avec le Parlement ont ils été aux abonnés absents dans l’hémicycle, alors que c’est bien le gouvernement qui est responsable devant le Parlement?

Toutes ces questions et bien d’autres encore demeuraient sans réponse. Et risquaient de l’être définitivement.

Il a fallu que l’opposition exige la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire obtenue grâce à l’opiniâtreté de Christian Jacob, Président du groupe LR pour que nous puissions avoir les réponses sur ces dysfonctionnements graves au plus haut niveau de l’Etat.

Mais ce n’est pour le moment pas les réponses du ministre de l’Intérieur qui nous éclairent ( il ne savait pas, il ne connaissait pas Mr Benalla, etc…) . Attendons la suite…

Ce ne sont pas non plus les réponses vagues du Premier Ministre, lors de la séance des questions d’actualité qui nous ont convaincus, ni même le mea culpa d’Emmanuel Macron devant sa majorité qui effacera d’un trait de plume les dérives d’un Pouvoir qui a tenté de se placer au dessus des lois.