Cérémonie des vœux de Geneviève Levy

Le 19 janvier 2019, c’est à nouveau au palais Neptune que Geneviève Levy a présenté ses vœux devant plus de 350 militants, sympathisants et bénévoles toulonnais. En préambule, Christophe Moreno, suppléant de Geneviève Levy, également conseiller municipal délégué, a remercié Hubert Falco, maire de Toulon, président de la métropole TPM pour la nouvelle délégation aux élections qui lui a été attribuée. Geneviève Levy s’est adressée à une salle pleine, où tout le monde n’avait pas pu prendre place, devant ses collègues du conseil municipal venus nombreux, aux côtés de François Trucy, ancien maire de Toulon et sénateur honoraire, et de Josette Pons, ancienne députée. Hubert Falco a clôturé la cérémonie. Vous retrouvez à la suite la vidéo de cette cérémonie, l’article du quotidien Var Matin, les photos des interventions, ainsi que le texte de l’allocution de Geneviève Levy.


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“Monsieur le Maire,

Mes chers collègues élus de la ville 

Mes chers Amis, vous que je retrouve avec tellement de plaisir et particulièrement chaque année à l’occasion de mes vœux,

Et je voudrais commercer par cela: vous souhaiter une bonne année 2019. Une bonne année une bonne santé, des bonheurs petits et grands et du soleil dans vos cœurs. 

Face aux difficultés,  la famille, les proches , ceux que nous aimons représentent les piliers de la stabilité, c’est pourquoi, mes vœux sont aussi pour tous ceux qui vous entourent.

Beaucoup ici me connaissent bien depuis si longtemps que nous nous suivons, que vous m’accompagnez dans les combats. Le dernier ayant été le plus difficile et vous avez tous ici contribué à mon élection . Vous me connaissez et vous savez que tout en étant lucide, et inquiète, j’ai toujours su garder au fond de moi une bonne dose d’optimisme.

Parce que je suis intimement persuadée, même dans les épreuves, qu’il y aura toujours un moment, où la raison perdue se retrouve d’une façon ou d’une autre.

Mes chers amis, au cours des rencontres que nous avons eues depuis le quinquennat précédent vous m’avez entendue dénoncer le déclassement progressif des classes moyennes qui constituent pourtant les forces vives de notre pays.

Mais depuis bientôt 2 ans, il y a eu une accumulation de circonstances aggravantes qui ont conduit à la crise que nous connaissons aujourd’hui. 

Avec un dénominateur commun qui s’est manifesté sous des formes différentes: l’avènement annoncé , proclamé, d’un nouveau monde qui voulait délibérément, avec arrogance et mépris, tourner le dos à l’ancien qui ne méritait même pas la plus petite attention quels que soient les sujets abordés.

Lorsque nous avons dénoncé l’abandon des territoires par un Président de la République, qui n’a compris les attentes après un quinquennat désastreux nous n’avons pas été entendus.

Lorsque nous avons dénoncé les mesures inacceptables infligées aux retraités, qualifiés par le Président de la République de privilégiés, nous n’avons pas été entendus.

Lorsque nous avons dit, notamment à l’occasion de questions d’actualité, alors même qu’aucun média n’en parlait,  que les augmentations sur l’essence – et ce fut ce qui a déclenché le mouvement des gilets jaunes- que ces augmentations n’étaient pas envisageables quand 7 français sur 10 prennent leur véhicule pour aller travailler, nous n’avons pas été entendus.

Si le Président de la République avait écouté à la fois son opposition républicaine, et ce que lui disait le pays, s’il n’avait pas opposé arrogance et mépris, nous n’en serions sans doute pas à ce moment de crise dont nous ne savons pas aujourd’hui comment et quand nous en sortirons.

Cette crise est alimentée par deux comportements que l’on ne peut que renvoyer dos à dos:

  • celui du Président de la République qui a opposé les Français et tourné le dos à ceux qui les représentent.
  • l’irresponsabilité des extrêmes qui poussent au chaos depuis l’installation de la crise des gilets jaunes.

Nous avons connu des moments de crise,  et des épreuves,  notamment en 1968.

Dans ces périodes, il n’y a que deux attitudes: 

La 1ére c’est jouer la politique du pire en espérant qu’on en sortira par le haut. Cette attitude a toujours échoué.

La seconde c’est d’avoir dans la durée un comportement responsable, parce qu’en France, la violence n’a jamais été un mode légitime d’expression ni permis de trouver les bonnes réponses aux problèmes;  car dans notre pays il y a toujours un moment où des forces œuvrent pour le retour au calme .

Parce que chez nous si s’exprimer, manifester est un droit,

Respecter la loi est un devoir.

Les revendications exprimées et encore plus celles qui ne le sont pas ouvertement mais qui pourtant constituent de réelles attentes sont bien souvent justifiées.

Elles renvoient souvent à des sujets que nous avons dénoncés, mais la violence dénature le mouvement et nous ne pouvons en aucune façon cautionner la prise d’otages par un certain nombre de casseurs.

Le Président de la République nous promet un grand débat: nous devrons saisir cette occasion pour exprimer et défendre nos convictions , mais en aucune façon, cautionner ce qui n’est pour le Président qu’une tentative de « se refaire » à un moment où il est en chute libre.

J’entends que l’on serait en train de réinventer la démocratie… Mes chers amis, le point fort de la démocratie, c’est l’élection.

Et je persiste à penser que le débat démocratique a lieu au Parlement, et si c’est cela l’ancien monde, je revendique d’y rester.

Dans l’ancien monde, les parlementaires ont pour mission d’écouter et de dialoguer de porter la voix de ceux qui vivent dans les territoires.

Mais je vous ferai remarquer que rien n’est prévu à l’Assemblée.

Le nouveau monde c’est d’avoir inventé le député « pot de fleurs » qui surtout ne devait pas s’intéresser aux problèmes de ses concitoyens. 

Certains de mes collègues de la majorité se posaient même la question de l’intérêt d’avoir une permanence en circonscription. Ils commencent à comprendre l’importance de la prise en compte des problèmes des territoires dont ils sont élus.

Faire de la politique, ce n’est pas d’envoyer un questionnaire aux français, ça c’est de la communication. Et nous ne pouvons accepter que les élus de terrains que nous sommes et que nous revendiquons d’être, jusqu’ici méprisés soient les boucs émissaires des échecs d’Emmanuel Macron.

Car maintenant, tout d’un coup, il découvre que les maires pourraient être des relais dignes d’intérêt. Il a même osé dire que depuis le Général de Gaulle, personne n’avait fait autant que lui pour les maires… alors qu’il y a quelques semaines il refusait même d’aller les rencontrer à l’occasion de leur salon.

Nous ne pouvons accepter que le Président de la République tente de faire croire que ce que les Français attendent maintenant ce seraient des mesures institutionnelles.

Je pense que ce que les Français veulent, c’est qu’on leur parle de pouvoir d’achat, d’emploi, de santé, de sécurité, sujets qui ne sont même pas abordés dans la lettre aux 33 questions.

Dans le grand débat, ce sont les sujets dont nous devrons nous saisir.

Mes chers amis, cette crise n’est pas née des maires, ni des départements, ni des régions, ni des parlementaires.

Celui qui a tout agit trop souvent dans la provocation, l’arrogance et le mépris c’est bien le Président de la République.

Mes chers amis, Nous n’accepterons pas que les vrais sujets soient escamotés. notre famille politique doit pouvoir contribuer à ramener l’apaisement et le calme car nous portons une vision de la politique sociale héritée du gaullisme.

Dans ce débat, puisque débat il y a, nous devrons tout mettre en œuvre pour réconcilier les Français alors que jusqu’à maintenant on a voulu les diviser. La promesse républicaine c’est d’apporter les mêmes chances à tous les territoires et à ceux qui y vivent sans les opposer.

Ce n’est pas de mettre en place des solutions à court terme pour tenter de calmer la crise , sans d’ailleurs y parvenir, telles que celles qui ont été votées en fin d’année: quelques cadeaux fiscaux, quelques primes, quelques réponses à la va vite: cela c’est la pire des politiques qui ne contribue qu’à enfoncer le pays dans la dette.

Mes Chers Amis, finalement ce débat, c’est peut-être enfin l’opportunité qui nous est donnée de nous faire entendre, ce qui n’a pas été possible jusqu’à maintenant. 

Non pas par démagogie, mais en apportant une contribution responsable. Non pas avec des réponses à court terme, mais avec au contraire avec une vision ancrée dans le temps.

Permettez-moi de le souhaiter afin que le sursaut de raison que j’évoquais au début de ces vœux se manifeste en 2019 pour chacun de vous et pour notre pays “