dossier : 26 août 1944, Toulon libérée

Comme chaque année, c’est autour du monument aux morts de la place Gabriel Péri à Toulon que les autorités civiles et militaires ont commémoré la libération de Toulon, officialisée par la rédition le 28 août 1994 de l’Amiral Ruhfus qui commandait les troupes allemandes dans le Var.

“Réunis devant le monument aux morts, nous avons partagé ce moment de mémoire de la libération de Toulon en présence des représentants de nombreuses associations d’anciens combattants. L’occasion aussi pour Hubert FALCO d’appeler à ne jamais oublier tous ceux qui sont morts pour combattre le nazisme et le cortège d’horreurs engendrés par la haine raciste et antisémite” Geneviève Levy

 



 

Le débarquement en Provence au jour la jour

11 août 1944

Dragoon . C’est le nom de code adopté début août 1944 du deuxième débarquement allié en France. Objectif fixé quelques mois plus tôt : établir une tête de pont entre Agay et Cavalaire, libérer le Sud, conquérir les ports de Toulon et Marseille et remonter le long du Rhône pour effectuer la jonction avec les forces de l’opération Overlord débarquées en juin en Normandie…

12 août 1944

Côté allemand, quelques jours avant le Débarquement en Provence, la Wehrmacht est affaiblie dans le Sud de la France. Deux divisions seulement sont réellement opérationnelles. Pendant ce temps, du côté de la résistance, les chefs de groupe reçoivent l’ordre de rejoindre le maquis…

13 août 1944

Les alliés ont déjà quitté Naples, Oran, Palerme, la Sardaigne, la botte italienne, Malte et la Corse. Depuis une semaine, les bombardements s’abattent sur les aérodromes, radars, batteries côtieres…

14 août 1944

Un millier de navires met le cap sur Gênes puis sur la France. Ce soir, l’aviation allemande repère des convois alliés au large d’Ajaccio. La Kriegsmarine donne l’ordre d’établir une ligne de patrouille sur toute la côte à l’Est de Marseille…

15 août 1944

Le D-Day provençal ! Au petit matin, un brouillard artificiel enrobe le littoral. L’assaut allié a lieu simultanément sur 18 plages entre Cavalaire et Saint-Raphael en passant par Saint-Tropez, Sainte-Maxime et Fréjus. A travers la brume, les Allemands constatent l’ampleur de l’assaut qu’ils subissent…

16 août 1944

J+1. C’est au tour de l’armée B française de De Lattre de Tassigny de débarquer sur les plages entre Cavalaire et Sainte-Maxime. Objectif : conquérir les ports de Toulon et Marseille…

17 août 1944

J+2. Fréjus et Saint-Raphael sont enfin conquises après le mouvement d’encerclement effectué dans la nuit pour prendre en tenaille les soldats allemands. La tête de pont s’étend désormais sur un rayon de 25 km autour de Saint-Tropez…

18 août 1944

J+3. Hitler ordonne à sa 19e armée de se replier. Seules les forces occupant les ports de Toulon et de Marseille devront se battre jusqu’au bout selon les ordres du Führer. Quelque 40.000 soldats allemands restent donc en Provence pour affronter bientôt plus de 300.000 soldats alliés…

19 août 1944

J+4. A Marseille, la population se soulève après une grève générale insurrectionnelle entraînée par les résistants. Les FFI commencent une véritable guérilla urbaine. Dans les terres, Brignoles est libérée…

20 août 1944

J+5. La marche vers Toulon est en cours, tout comme celle de Marseille. Les troupes du général Sudre sont à Aubagne et rencontrent une forte opposition ennemie qui bloque leur avancée…

21 août 1944

J+6. Hyères est enfin prise mais les pertes au sein des troupes françaises sont lourdes. Les soldats poursuivent jusqu’à Carqueiranne. Les batteries de Porquerolles sont neutralisées…

22 août 1944

J+7. Bandol et Sanary sont libérées. La Méditerranée est atteinte, les Allemands encerclés à Toulon. Les combats de rue dans le centre-ville se multiplient mais les Allemands sont déterminés…

23 août 1944

J+8. La Valette est enfin conquise. Mais sur les hauteurs, au Touar, il faudra plus de 6h de combat pour venir à bout des tourelles ennemies. La forêt est en feu. A Marseille, les troupes de Monsabert et les blindés de Sudre, accompagnés par des FFI, dont Gaston Defferre, débouchent sur la Canebière…

24 août 1944

J+9. A Toulon, ça y est, De Lattre de Tassigny fait son entrée officielle. Des soldats allemands sont toujours là, les Coloniaux doivent encore les combattre, venir à bout des forts, blockhaus et immeubles, au prix de nombreuses pertes. Pendant ce temps, à Marseille, les forces de l’armée d’Afrique descendent la Canebière, portés par une foule enthousiaste…

25 août 1944

J+10. A Toulon, les tirailleurs sénégalais prennent le contrôle du fort d’Artigues. Le port est atteint mais de violents affrontements ont lieu au Fort de Malbousquet et dans l’arsenal du Mourillon. A Marseille, le général de Monsabert nettoie les trois pôles de résistance acharnée des Allemands : Notre-Dame de la Garde, le Vieux Port et les blockhaus.

26 août 1944

J+11. Dans la rade de Toulon, le fort de Six-Fours, le Cap Sicié, et les batteries de Balaguier et du Brégaillon sont pris. La ville est quasimment sous contrôle. A Marseille, les combats se poursuivent. Les batteries allemandes du Fort Saint-Nicolas, d’Endoume et du Frioul ont tiré toute la nuit. Acharnés, déterminés, les Allemands ne lachent rien…

27 août 1944

J+12. La Bataille de Toulon est définitivement acquise. Les algériens de la 3e DIA rejoignent Marseille et vont donner le coup de grâce aux forces allemandes…

28 août 1944

J+13. A Marseille, le Général allemand Schaeffer signe la capitulation. La ville a été délivrée 25 jours plus tôt que prévu. A Toulon, L’Amiral Ruhfus accepte lui aussi de déposer les armes.

source : site France Bleu Provence